Il y a 11 semaines maintenant tu es entré dans nos vies à ton père et moi et, tel un tourbillon, tu as tout chamboulé en nous.

11 semaines ça commence à faire un sacré moment et en même temps c’est si peu. Tu es si petite mon ange. Je me souviens de tout.

J’ai en mémoire tous les moments passés ensemble depuis ton arrivée sur cette Terre, jusqu’à notre gros câlin de ce soir. Tes sourires, tes pleurs, tes douleurs, tes câlins, tes regards … tout est gravé!

En 11 semaines, je t’ai vu grandir et évoluer. J’ai tellement appris à tes côtés. J’ai appris à te connaître, à te comprendre, à déceler tes besoins, à décrypter quand tu as faim, quand tu en as marre de jouer, quand tu es fatiguée… et j’ai surtout appris tellement de choses sur moi.

Je savais que je serais mère un jour mais je n’avais aucune idée du type de maman que je pouvais être. Tu m’as appris l’amour sans limite, la patience, l’écoute. Tu m’as donné confiance en moi bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Je ne pensais pas qu’on pouvait aimer autant avant de t’avoir dans ma vie.

Nous avons passé tellement de moments merveilleux toutes les deux mais malheureusement la réalité nous a rattrapé. Aujourd’hui, il est l’heure pour moi de retourner travailler. C’était une date que j’appréhendais et qui est arrivée bien trop vite à mon goût. C’est une étape que je vis très mal parce que j’ai l’impression de t’abandonner alors que je sais très bien qu’avec tes grands parents tu seras entre de bonnes mains et puis ton papa est là aussi. Il est là pour toi bien évidemment mais il me soutient aussi beaucoup dans cette étape. Il s’occupera de toi le temps que lui aussi aille travailler, il sera avec toi pendant ses jours de repos. Vous aurez vos moments à vous entre père et fille. Tu pourras l’embêter autant que tu l’as fait avec moi!

Aujourd’hui, je pleure ce quotidien que je dois mettre de côté. Je pleure parce que j’ai peur que tu vives mal cette transition. Mais finalement c’est moi qui la vis plus mal que toi et je dois pleurer en silence pour ne pas te faire ressentir cette tristesse et je dois t’encourager à avancer avec confiance dans ces nouvelles journées qui t’attendent.

Je n’ai pas à me plaindre car j’ai la chance que tu restes en famille. J’imagine que cela aurait été pire pour moi de te laisser chez des personnes que je ne connais pas. Néanmoins il va falloir désormais que j’accepte que tes journées se déroulent loin de moi, que je ne sois plus là pour veiller sur toi, pour déceler tes nouveaux comportements, tes évolutions.

Je sais déjà qu’il me tardera que la journée passe pour te retrouver, te raconter ma journée, reprendre nos jeux et nos câlins. Tous ces moments d’amour et de bonheur sont ma bouées de sauvetage, ma bouffée d’oxygène pour accepter cette reprise du travail.

Ce matin, je n’ai pas envie de te laisser. Je ne suis pas motivée. Je n’ai pas envie d’aller travailler. Mais il le faut. Alors passe une belle journée de ton côté mon ange. Moi, je compte déjà les minutes qu’il me reste avant de pouvoir, à nouveau, te serrer dans mes bras.

Je t’aime tant ma petite Léa…