Bonjour à tous,

Je vous propose aujourd’hui un article un peu différent puisque j’ai envie de faire avec vous un petit retour d’expérience. En effet, il y a plusieurs mois maintenant, j’ai été VDI: une expérience enrichissante qui m’a surtout permis d’en apprendre plus sur moi, sur mes capacités. Une expérience dont j’avais envie de parler car si certains ou certaines d’entre vous souhaitent tenter l’aventure, il est toujours bon d’avoir des avis.

Je n’ai pas envie de me lancer dans un monologue long et sûrement ennuyeux, le format question/réponse conviendra mieux à l’exercice je pense! Et je précise dores et déjà que je ne nommerai pas la société pour laquelle j’ai travaillé afin de ne faire aucune publicité, je peux simplement vous dire que c’était une société orientée sur le bien-être et la nutrition.

 

  • Qu’est-ce qu’être VDI? En quoi cela consiste?

VDI: Vendeur à domicile indépendant. C’est un statut légal en France depuis 1993. Etre VDI peut être un emploi à part entière ou bien être un complément de revenu. Un VDI cotise à la sécurité sociale.

« L’activité de vendeur à domicile est définie par la vente de produits ou de services au moyen du démarchage direct auprès de particuliers, ce qui exclut le démarchage par téléphone ou à distance, ainsi que l’activité des VRP multicartes. Elle est soumise à une réglementation particulière. Le vendeur à domicile peut avoir différents statuts. »

Pour obtenir toutes les infos sur le statut, les droits et devoirs, je vous conseille de prendre les renseignements sur le site du service-public, ce sera bien plus complet.

 

  • Pourquoi vouloir faire VDI?

Très bonne question! A l’époque j’étais « perdue » dans mon travail quotidien. Je ne supportais plus l’ambiance, le travail, j’avais besoin d’une soupape pour ne pas « péter un câble » ou finir en burn-out. Du coup j’ai préféré me plonger dans une activité différente qui n’avait rien à voir avec le milieu dans lequel j’évolue habituellement. En plus, cette expérience me permettait d’approfondir mes connaissances en nutrition ce qui était non négligeable pour moi. Je prenais cette expérience comme un vrai challenge personnel: voir mes capacités, de quoi j’étais capable, qu’est-ce que ça donnait quand je sortais de ma zone de confort… bref, j’avais beosin de me prouver que j’étais capable de faire autre chose que mon métier habituel.

A l’époque, je pensais également qu’il était facile de se faire une clientèle. J’avais une vision un peu trop optimiste!

 

  • A quoi ai-je du faire face?

Finalement on doit faire face à de nombreux imprévus!

Tout d’abord la réalité du marché. En effet un VDI va vendre souvent des produits qui ont une efficacité particulière et donc a des prix un peu plus élevés que ce que l’on pourrait trouver sur le marché. Sauf que la réalité du marché est là, les gens ne sont pas prêts à débourser des sommes importantes facilement. Et même si les produits que vous vendez sont les meilleurs du monde, le compte bancaire des clients n’est non seulement pas extensible mais surtout pas destiné à ce genre d’achat qui est au final un achat confort et non un achat vital.

Ensuite on doit également faire face au regard de l’autre. Famille, amis, inconnus, vous êtes plutôt jugés que compris.

Il y a aussi le temps ou plutôt le manque de temps. Devenir VDI ne se fait pas en deux coups de cuillère à pot! Il faut découvrir le produit que vous allez vendre, en apprendre les subtilités, apprendre à le vendre, faire votre liste de client potentiels, organiser des reunions, prévoir du temps en clientèle… tout cela prend du temps et quand on cumule cette activité avec un emploi stable et bien les journées sont longues et on a finalement moins de temps pour soi et ça il faut apprendre à l’accepter.

Enfin, il faut faire face à votre propre motivation: se motiver, trouver l’énergie, aller de l’avant c’est plutôt facile les jours où votre activité fonctionne. Les périodes de disette, quant à elle, vous font rapidement vous remettre en question. Il n’est pas évident de se motiver quand on travaille en indépendant!

 

  • VDI: les idées à éclaicir?

Les compagnies de VDI sont des sectes

Certaines boîtes de VDI ont cette réputation en effet et le sont sûrement. A vous de bien vous renseigner sur le groupe pour lequel vous voulez vous engager. J’ai pris le temps de me renseigner sur la boite que je voulais intégrer, poser de nombreuses questions aux personnes qui étaient déjà VDI là-bas, comprendre le fonctionnement avant d’intégrer le groupe… Personnellement, on n’a jamais essayé de me mettre un discours dans la tête, ni de me prendre de l’argent. Je prenais seule mes décisions et mes responsabilités. J’étais, au début, aidée pour apprendre et m’améliorer mais jamais je n’ai eu de comptes à rendre à qui que ce soit.

C’est pyramidal, on te vole ton argent

Certaines boîtes de VDI sont effectivement pyramidales ce qui est totalement interdit par la loi française. Dans ce genre de cas, vos ventes personnelles sont des bénéfices « nets » pour vos « supérieurs » qui ne font que récolter les fruits de votre travail. Dans mon cas personnel, je n’ai pas vécu cette situation. Je n’ai jamais eu d’argent à donner à quiconque et heureusement car moralement et financièrement je n’aurais pas pu suivre. Mon seul investissement a été de 25 euros pour avoir droit a une assurance me protégeant lors de mes déplacements chez les clients et pour être inscrite à la FVD (Fédération de Vente Directe), ce qui me semblait plutôt raisonnable.

Concernant les ventes que je faisais, le système de calcul et donc de rémunération était simple. Chaque vente correspondait à un nombre de points. Si, par mois, mon score personnel était inférieur à 280 points, je n’avais droits qu’à 30% sur le montant de mes ventes. Par contre si mon score personnel dépassait 280 points et qu’avec mon équipe, nos points cumulés dépassaient 1000 points/mois, alors nous avions le droit à 7% en plus sur le total de nos ventes cumulées. Si nous dépassions 2000 points/mois, c’était 14%… et ainsi de suite.

Bien sûr si l’équipe dépassait les 1000 points /mois mais que de mon côté je n’avais pas réussis à atteindre les 280 points, alors je n’avais droit à rien! Et oui je ne pouvais pas bénéficier du fruit du travail de mes coéquipiers!

Tes produits c’est de la merde

Phrase d’attaque banale et infondée prononcée par des personnes qui ne connaissent ni mes produits ni mon projet.

Tes produits c’est de l’arnaque

Ca, ça m’a toujours fait rire! Je n’ai jamais promis la lune à aucun de mes clients ou des personnes auprès de qui j’ai pu parler de mes produits. Jamais il ne m’est venu à l’idée de leur dire: oui prenez ça et dans 3 semaines vous aurez perdu les 5 kg que vous avez en trop… non mais qui croirait ça franchement! Malheureusement c’est ce que beaucoup comprennent ou veulent entendre…

Les produits que je vendais étaient à base de vitamines et d’oligo-éléments permettant de « remettre à niveau » les besoins physiologiques du corps humains. Non carensé, le corps humain peut ainsi bien mieux fonctionner, il se detoxifie plus aisément. Si, à ce fonctionnement général de meilleure qualité, on associe une nutrition équilibrée et variée, ainsi que du sport, tout est réuni pour que la personne perdre naturellement du poids, de manière maitrisée, sans n’avoir aucune carence. Ce n’est pas de l’arnaque, juste du bon sens!

Moi je préfère courir pour perdre du poids

Oui, j’adhère, excellente démarche.

Tu n’as pas compris le concept de mes produits mais effectivement courir te fera le plus grand bien!

Mais tu as déjà un job!

Effectivement j’ai un job, un CDI et d’ailleurs je me suis battue pour l’avoir.

Donc justement, pourquoi à ton avis, ayant un CDI, je cherche à me diversifier? C’est ça la vraie question…

J’ai été VDI à une époque où j’étais perdue dans mon travail. Je ne me retrouvais plus dans l’ambiance, dans les relations avec mes supérieurs, je perdais goût au travail, ça ne correspondait pas à mon idéal, je perdais la motivation jour après jour. Malgré tout, je ne suis pas bête et je sais la chance que j’ai d’avoir un CDI à notre époque. Du coup, j’ai cherché à me diversifier, à essayer autre chose sans mettre en péril mon CDI, ni en travaillant dans le même domaine d’activité.

J’avais besoin d’apprendre, de me sentir utile, de me décharger des relations toxiques du travail, tout simplement!

 

  • Ce qu’être VDI m’a apporté?

Finalement être confronté à vous-même dans un domaine qu’il vous faut découvrir et apprendre vous permet de développer sérieusement vos connaissances et compétences à différents points de vue.

  1. J’ai pu apprendre énormément en matière de nutrition (puisque c’était le domaine dans lequel je m’étais lancé).
  2. J’ai développé mes connaissances sur le fonctionnement du corps humain, sur les bénéfices et inconvénients des compléments alimentaires, substituts de repas…
  3. J’ai eu la chance d’être aux côtés de personnes qui voulaient partager leur connaissances ce qui m’a donné à moi également envie de partager tout ce que j’apprenais à mes clients pour leur donner confiance en moi et pour avoir une légitimité.
  4. Le plaisir simple d’aider les gens, d’apporter des réponses à leurs questions.
  5. J’ai appris à aller vers les autres, à sortir de ma coquille, à vendre un produit.
  6. J’ai égalemnt appris ce qu’était le travail en indépendant et ses difficultés.

 

  • Pourquoi avoir arrêté?

Au final, j’ai eu le statut de VDI pendant 8 mois. Il faut avouer que ça n’a pas été rose tous les jours car il n’est pas évident d’aller au devant des gens (en tout cas pour moi qui suis plutôt réservé ça ne m’est pas naturel) et c’est encore plus délicat quand vous devez leur parler de leur alimentation. Au départ, la motivation et l’optimisme nous dynamisent, nous aident à aller de l’avant, à nous dépasser, affronter nos peurs et ça marche plutôt bien. Petit à petit on a un client puis un autre puis encore un autre jusqu’à la rencontre avec la première personne qui va nous détruire notre projets, nos produits, notre discours. Et là ça fait tout drôle car autant on prépare en amont notre discours autant rien ne nous prépare à nous faire rembarrer et là c’est directement l’ego qui prend et je peux vous dire que ça ne fait pas plaisir.

Sauf qu’il ne faut pas s’arrêter sur un échec, il faut savoir rebondir et d’ailleurs la fierté nous fait nous remettre en selle rapidement, on veut à tout prix se prouver que, oui, on peut y arriver. Petit à petit le rythme des RDV et des réunions décélère, on doit de plus en plus souvent faire face à des personnes réfractaires au projet, la motivation s’évanouit et on n’accorde de moins en moins de temps à cette activité. Rapidement, c’est le déclin jusqu’à mettre un terme au contrat de VDI.

Je crois toujours en l’efficacité des produits que j’ai défendu pendant 8 mois mais je sais aujourd’hui que je n’ai pas l’âme d’une vendeuse. Je n’ai néanmoins pas abandonné mes clients, je les ai juste accompagné vers des collègues qui étaient plus capables que moi d’offrir à ces personnes un service efficace et sur le long terme…

 

J’espère que ce témoignage pourra servir à certains ou certaines d’entre vous qui serez tentés par l’aventure. Je n’ai pas su mener ce projet jusqu’au bout cela ne veut pas dire que vous n’y arriverez pas!

A très vite

Laure